fbpx

Les 4 habitudes qui te feront réussir ton année

Relaxed woman meditating at workplace, practicing eastern spiritual practices for stress relief and mental health while sitting at desk in front of laptop. Short break in work for strength recovery

Cette année, tu as décidé de te dépasser et de mener tes études à bien avec succès et sérieux. Fini, le bachotage intensif quelques jours avant les examens, les travaux rendus à la hâte et la désorganisation chronique …  Or, un premier mois vient de s’écouler depuis le début de la rentrée, et voilà maintenant ta motivation mise à rude épreuve par la foule de rendus, de présentations, de tests et l’approche des examens de mi-semestre qu’il t’incombe de préparer. Face à cette charge de travail grandissante, la détermination ne suffit pas : une organisation et des méthodes solides et efficaces sont indispensables au maintien de ton effort sur la durée. Voici donc 4 habitudes qui, si elles ne permettent pas d’obtenir des bonnes notes par magie, vont t’aider à adopter une routine de travail saine, à même de te placer dans les conditions de la réussite de tes études.

Habitude n°1 – Planifier tes séances de révision à l’avance

Notre cerveau fonctionne avec une attention limitée

Tout d’abord et contrairement à certaines idées reçues, ton attention ne constitue pas une ressource finie. Autrement dit, il ne te suffit pas de vouloir te concentrer sur ton objet d’étude pour y parvenir de façon optimale et durant un laps de temps indéterminé. A l’inverse, il serait plus juste de considérer ton attention comme une jauge similaire à celle de ton énergie, pour laquelle tu disposes d’une certaine réserve qu’il te faut utiliser intelligemment (tu préféreras, par exemple, répartir tes trois heures de sport hebdomadaires sur différents jours de la semaine plutôt que de regrouper l’ensemble de ces séances sur un seul, afin de d’économiser ta fatigue). Cette façon de concevoir l’attention comme une ressource épuisable renvoie, en sciences cognitives, à l’hypothèse de la capacité générale limitée. Certes, mais quel rapport avec l’organisation de tes révisions ? 

 De la même façon que tu nécessites un sommeil réparateur entre deux journées de cours pour te montrer attentif et en forme, il est essentiel de planifier des pauses dans tes séances d’étude afin de ne pas épuiser tes réserves attentionnelles. Préserver ce réservoir à la fois limité et stable te permettra d’éviter de tomber dans la surcharge cognitive ou la fatigue mentale, des états nuisant fortement à l’encodage, au stockage et à la récupération de l’information dans ta mémoire.

Pour planifier intelligemment tes séances de travail, tu peux donc commencer par prendre en compte la durée d’attention soutenue moyenne à laquelle l’être humain est capable de maintenir un niveau constant de vigilance, estimée à une demi-heure environ.

La minute curiosité : comment la durée optimale d’attention a été étudiée

Cette durée optimale d’attention soutenue a d’abord été identifiée via l’horloge de Mackworth[1], une expérience menée par le psychologue et chercheur en sciences cognitives du même nom durant la Seconde Guerre Mondiale. Son étude consistait à tester la vigilance des opérateurs radars de la British Air Force, l’objectif étant de déterminer le laps de temps à partir duquel la vigilance d’une personne focalisant toute son attention sur une tâche (ici, la surveillance d’une horloge trafiquée, dont le rythme se dérègle parfois subitement) commence naturellement à décliner ; 30 minutes, en l’occurrence.

Autre découverte primordiale de cette étude : des pauses de 2 minutes entre chaque phase d’une demi-heure d’attention soutenue suffisaient à restaurer la concentration du sujet, qui montrait des performances similaires à ceux ayant bénéficié de pauses beaucoup plus conséquentes (allant jusqu’à plusieurs heures). On peut donc retenir de cette expérience que si s’accorder des pauses est essentiel, la durée de ce répit ne semble pas avoir d’influence significative sur la performance.

La méthode Pomodoro

Une façon de mettre ces savoirs en application pourrait, par exemple, consister à appliquer la méthode Pomodoro. Cette dernière t’incite à organiser tes séances de travail en respectant le découpage suivant : effectuer des pauses de 5 minutes toutes les 25 minutes de travail, puis de répéter ce cycle en augmentant ensuite le temps de pause au fur et à mesure de l’allongement de la séance (entre 15 et 30 minutes de repos après quatre cycles complétés).

Établir un planning

A présent que tu disposes d’une meilleure idée de la façon de fragmenter tes séances d’études, quid de la prévision de son contenu ? La recherche en psychologie cognitive démontre que des piqûres de rappel, judicieusement espacées dans le temps, sont la clé d’un apprentissage durable. La méthode des J propose, à ce titre, un schéma d’intervalle auquel réviser tes cours. Toutefois, si cette planification te semble trop coûteuse en organisation, des assistants numériques existent pour t’aider à mettre en place ton système, tels que Anki ou Supermémo ; des applications fonctionnant sur ce principe d’espacement réfléchi des révisions. Toutefois, ces applications ne concernent que la réalisation de flashcards (des mémos comportant une question sur le recto, et sa réponse au verso), néanmoins, ce format peut s’avérer relativement limité pour assimiler l’intégralité d’un cours.

C’est la raison pour laquelle N’oublie Jamais t’aide, notamment via un système de calendrier personnalisé à tes besoins, à planifier le contenu de chacune de tes journées de travail afin de te permettre d’optimiser ton temps et tes ressources attentionnelles. Pour davantage d’informations sur la planification de tes séances d’étude, tu peux également consulter notre article à ce sujet.

Habitude n°2 – Privilégier la technique du rappel libre

Les limites de la relecture

Si nous venons de voir que le découpage et le contenu de tes séances de révision est primordial, la méthode que tu emploies pour les mener à bien est tout aussi cruciale. En effet, toutes les techniques sont loin de se valoir pour procéder à l’apprentissage efficace d’un cours. As-tu pour habitude de relire plusieurs fois les tiens pour les mémoriser ? Si c’est le cas, tu es semblable à la grande majorité des étudiants : 85% procèdent de la sorte dans l’étude de Karpicke et al. (2006)[2]. Pourtant, si cette méthode s’illustre indéniablement comme la plus populaire, ses résultats s’avèrent tout à fait décevants sur le long terme. Pour cause, la relecture provoque une illusion de maîtrise, un biais provoqué par la disponibilité des informations, accessibles sous tes yeux. Celle-ci t’induit la sensation de connaître un contenu profondément alors que tu t’en es simplement imprégné, raison pour laquelle le souvenir d’un cours travaillé par relecture aura tendance à s’évaporer extrêmement vite dans ta mémoire.

La technique du rappel libre en détail

Alors, comment faire pour contrer ce biais et te livrer à un apprentissage durable ? D’après l’étude mentionnée plus avant, la méthode de rappel libre se présente comme toute indiquée pour te permettre d’assimiler correctement un cours. Celle-ci consiste à tester tes connaissances sur un sujet en t’interrogeant dessus, de façon à tenter de formuler des réponses à l’écrit ou à l’oral, sans accès immédiat au contenu de la leçon. A titre d’exemple, le rappel libre consisterait, une fois un cours achevé, à te demander les enseignements que tu en retires, à récapituler ce que tu as appris de nouveau, à multiplier les “pourquoi” et les “comment” vis-à-vis de son contenu.

Les avantages du rappel libre

En effet, là où la révision par relecture implique d’avoir toutes les informations accessibles, le rappel libre t’oblige à te confronter à ton niveau de connaissances réel, te permettant ainsi d’identifier plus aisément d’éventuelles lacunes ou failles dans ton raisonnement. Autre avantage de cette technique : elle peut également se pratiquer en groupe. En expliquant à un proche ou un camarade le contenu de l’un de tes cours, tu consolides toi-même tes acquis puisque tu es alors contraint de récupérer l’information dans ta mémoire plutôt que dans le corps d’un texte. De même, la présence d’un interlocuteur peut également te permettre de challenger la qualité de ton apprentissage en te soumettant des questions que tu n’aurais pas envisagées par toi-même.

En somme, si la relecture tend à obtenir des effets plus rapides (une meilleure rétention par rapport du rappel libre 5 minutes après l’exposition au cours), on constate que cette tendance s’inverse rapidement : à partir de 2 jours, c’est le rappel libre qui engendre la meilleure mémorisation dans le temps. En effet, reformuler une idée avec tes mots (plutôt qu’en restituant des bribes de ton cours apprises par cœur) t’oblige à opérer un traitement profond de l’information, à la comprendre plutôt qu’à la retenir. Cet effet bénéfique du rappel libre perdurera ensuite si tu penses à tester régulièrement tes connaissances.

Habitude n°3 – Bannir définitivement le multitâche pour préserver la concentration

L’attention est sélective

Si nous avons vu que l’attention constitue une ressource limitée, il s’agit également d’une denrée sélective. En d’autres termes, pour apprendre l’un de tes cours et traiter au préalable l’ensemble des informations qu’il contient, tu mobilises une large quantité de ressources attentionnelles au fil de ce processus. Cela implique que tu sois moins attentif aux autres domaines avec lesquels tu pourrais être tenté de partager ton attention.

Un exemple : t’est-il déjà arrivé de te retrouver à traiter simultanément l’apprentissage d’un cours, tes mails en retard et la lecture d’un article intéressant, le tout devant un film ou une série et en répondant occasionnellement à des messages sur ton portable ? Si cette situation de division d’attention t’est familière, le multitâche est pourtant un écueil duquel tu dois définitivement te garder de tomber. En effet, bien que jongler entre plusieurs activités puisse te donner l’impression d’une efficacité et d’une performance accrue du fait que tu effectues plusieurs actions en même temps, il ne s’agit que d’un leurre : à trop vouloir en faire, tu diminues en fait ton efficacité dans- toutes les tâches que tu mènes de front. Il y aura ainsi de fortes chances que ton cours soit piètrement appris, que tes mails regorgent de fautes d’orthographe et que tu ne te souviennes pas de la fin du film d’ici trois semaines.

Le filtre attentionnel : ses limites à préserver la concentration

En définitive, tu peux comparer ton attention à une puissante forteresse, qui érigerait des remparts avec l’extérieur pour te permettre de te concentrer avec l’essentiel. Toutefois, celle-ci serait loin d’être imprenable, nombreux étant les distracteurs capables de venir mettre ses défenses à rude épreuve.

Cela te paraît flou ? Imagine-toi au milieu d’une fête battant son plein, occupé à discuter avec un groupe d’amis. Malgré la musique ambiante et le bruit des conversations alentours, tu es capable de te focaliser spécifiquement sur les paroles émanant de ton groupe, occultant pour ce faire ce qui se dit dans les autres cercles. Tu sélectionnes en fait la source sonore qui te semble la plus pertinente parmi toutes celles que tu perçois, éludant les autres pour mieux parvenir à participer à la conversation qui t’intéresse. Néanmoins, certaines informations sont capables de percer ce filtre attentionnel, tel que l’entente de ton prénom au loin, qui aura pour effet de t’extraire de la bulle que tu t’étais créée. Dans cette expérience de pensée nommée effet cocktail-party (1953), ton prénom joue le rôle de distracteur, un point essentiel à retenir pour adopter l’habitude suivante [3].

Habitude n°4 – Éviter les informations parasites

Bien choisir son environnement pour étudier

Afin de bannir le recours au multitâche, il convient avant tout de minimiser les sources de distractions potentielles qui pourraient, à l’instar de l’entente de ton prénom au loin, te détourner de ta séance d’études. Si tu ne peux pas empêcher ton entourage de t’évoquer au détour d’une conversation, tu es, en revanche, tout à fait apte à choisir un endroit propice au travail et comportant un minimum de perturbations à même d’augmenter ta charge cognitive et d’amoindrir tes performances.

Pour ce faire, tu peux commencer par privilégier les endroits silencieux (et/ou en accentuer le calme en utilisant des bouchons d’oreilles) ainsi que sujets à peu de passage. Cependant, la source de distraction la plus importante constitue avant tout les sollicitations d’origine numérique, c’est-à-dire les notifications à même d’assaillir ton téléphone portable, ton ordinateur ou tout autre objet connecté que tu aurais à ta disposition immédiate. De fait, il t’est fortement recommandé d’utiliser le format papier si ton domaine d’étude te le permet. Si ce n’est pas le cas, le mode “ne pas déranger” doit devenir un réflexe pour t’éviter de disperser ton attention sur l’une des nombreuses sollicitations que produisent les technologies de communication.

A quel point le smartphone perturbe l’apprentissage

Cependant, les notifications ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. Dans une étude menée en 2017, Ward et. al démontrent que la présence d’un smartphone est source de perturbations importantes[4]. Autrement dit, même si tu n’utilises pas directement ton téléphone, le simple fait qu’il se trouve dans ta poche ou ton sac contribue déjà à dégrader tes performances, et les résultats sont encore pires s’il est présent dans ton champ de vision, par exemple sur ton bureau. Comment est-ce possible ? Une interprétation est que le smartphone, par la masse d’informations qu’il délivre chaque jour à des horaires irréguliers, mobilise par sa présence une partie de notre mémoire de travail (l’espace mental qui nous permet de réfléchir et d’accomplir des tâches), un fragment de notre attention étant dédié à anticiper les flux d’informations qui pourraient en émaner à tout instant.

L’effet Zeigarnik

Enfin, outre ces sources de distraction d’origine externe, certaines perturbations peuvent provenir de ta propre personne. T’arrive-t-il quelquefois de voir ta séance de révision interrompue par des pensées récurrentes, te rappelant incessamment que ton lit est défait, qu’un objet est mal rangé, qu’il faut que tu passes à l’épicerie chercher tel ingrédient en particulier … Toute agaçante que soit cette habitude de disperser ton attention pour des tâches triviales, il est possible de s’en défaire.

L’effet Zeigarnik, identifié par la psychologue lituanienne du même nom, met justement en lumière le fait que les tâches inachevées ont tendance à se manifester dans notre mémoire de travail alors que nous sommes en train de réaliser une autre tâche ; une interruption dégradant significativement notre performance durant cette dernière. Heureusement, la solution pour te libérer de ces distracteurs est relativement aisée à mettre en place, puisqu’elle te demande tout au plus un papier et un crayon. Pour cause, elle consiste à noter immédiatement les tâches “à faire” qui parasitent ton esprit sur un support annexe à tes cours, par exemple entre les pages d’un carnet spécialement dédié. Pourquoi faire ? Il a été prouvé que ces tâches sources de distraction, une fois planifiées, cessaient de revenir sans cesse en mémoire et de perturber l’activité principale.

En conclusion : prendre le temps d’adopter les bonnes habitudes

Pour finir, toutes ces méthodes, aussi pertinentes soient-elles, ne peuvent fonctionner pleinement que si elles s’ancrent dans un style de vie propre au travail : à la bonne hygiène mentale permise par la planification et l’élimination des distracteurs, il est nécessaire de coupler l’hygiène de vie. Le sommeil joue notamment un rôle primordial dans les processus de mémorisation, de même qu’une alimentation saine et une activité physique régulière.

Enfin, si ces habitudes peuvent te paraître difficile à mettre en place de prime abord, n’hésite pas à les implanter dans ta routine de façon progressive et à t’armer de patience. Facile à dire, mais combien de temps représente cette “patience” ? Dans une étude à présent célèbre, la chercheuse Phillipa Lally a observé en 2009 que le temps moyen de formation d’une habitude – autrement dit, le moment où tu seras capable d’effectuer les 4 actions listées ci-dessus de façon naturelle (étudier dans le cadre de séances judicieusement planifiées à l’avance, en mobilisant la technique du rappel libre, sans céder ni au multitâche ni aux distracteurs) sans que cela te semble contraignant – serait de 66 jours environ[5].

Et pour prendre ton mal en patience, voici une conférence éclairante sur le principe de formation et de déconstruction des habitudes :

Bibliographie

[1] Mackworth, N. H. (1948). The breakdown of vigilance during prolonged visual search. Quarterly Journal of Experimental Psychology, vol. 1, pp.6-21

[2] Roediger III, H. L., & Karpicke, J. D. (2006). Test-enhanced learning : Taking memory tests improves long-term retention. Psychological science17(3), 249–255.

[3] Georges Canevet, « Audition binaurale et localisation auditive : aspects physiques et psychoacoustiques », dans Botte & alii, Psychoacoustique et perception auditive, Paris, Tec & Doc, 1999, p. 107-108.

[4] Ward, A. F., Duke, K., Gneezy, A., & Bos, M. W. (2017). Brain drain: The mere presence of one’s own smartphone reduces available cognitive capacity. Journal of the Association for Consumer Research2(2), 140-154.

[5] Lally, P., Van Jaarsveld, C. H., Potts, H. W., & Wardle, J. (2010). How are habits formed: Modelling habit formation in the real world. European journal of social psychology40(6), 998-1009.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.